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« l’intelligence artificielle nécessite des investissements en termes de neurones » – Prof Rachid Guerraoui

«Peut-on faire confiance à l’intelligence artificielle?». Le sujet fait débat. Dans le cadre de son cycle de conférences «Echanger pour mieux comprendre», le Pôle Edition & Débats de la Fondation Attijariwafabank a organisé, mardi 16 avril à Casablanca, une conférence autour de cette thématique très actuelle.



À l’occasion de cette 48e rencontre, la Fondation Attijariwafa bank a fait appel à Rachid Guerraoui, chercheur et spécialiste en algorithmique et professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne et au Collège de France. Pour l’enseignant dont les écrits et propos font autorité dans le domaine du numérique, on ne peut pas faire confiance «totalement » aux algorithmes mais on peut mesurer cette confiance, à condition de maîtriser l’informatique sous-jacente. Si la révolution numérique permet à nos entreprises d’accroitre leurs compétences, on doit scrupuleusement veiller à son contrôle, a-t-il insisté rappelant dans la même foulée les limites et les fragilités des algorithmes lesquelles viennent essentiellement des systèmes informatiques.

Pour le chercheur marocain, les algorithmes deviennent certes de plus en plus efficaces, mais ils comportent également des risques. «Peut-on faire confiance aux algorithmes ? Pas totalement. Plusieurs exemples récents le prouvent : l’explosion d’Ariane 5, le crash du Boeing 737 Max ou encore le crash boursier de 2008. Pour faire confiance aux algorithmes, nous devons connaître et maîtriser les systèmes informatiques ». Mais attention, pas d’amalgame.  Rachid Guerraoui n’est pas un alarmiste pessimiste, tout au contraire. Selon lui, les algorithmes nous permettent de repousser, sans cesse, les limites du possible. «L’intelligence artificielle évolue constamment et présentera plusieurs opportunités, à commencer par la création de nouveaux emplois qui impliqueront de développer et de former les bonnes compétences. D’ici 2050, 50% des emplois actuels disparaîtront, mais de nouveaux emplois apparaîtront»-a-t-il nuancé, soulignant que «Les entreprises les plus puissantes du monde de l’internet, les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), existent aujourd’hui grâce à des algorithmes.» Plus loin, il dira «Quels que soient nos domaines de compétences et d’activités, nous sommes tous conscients de la nécessité de changer notre manière de travailler et d’appréhender les problèmes, car, avec la révolution numérique, plus rien ne sera comme avant.» Pour relever ce défi, Guerraoui estime qu’il faudra insister sur la nécessité pour le Maroc et l’Afrique d’investir dans la jeunesse pour former des compétences capables de suivre les progrès de l’intelligence artificielle et d’y participer activement.



«À l’inverse de la révolution industrielle, l’intelligence artifi cielle nécessite des investissements en termes de neurones, et non en matières premières. D’où la nécessité de former la jeunesse. Par ailleurs, ce n’est pas un désastre si ces jeunes quittent à un moment donné le Maroc. À l’étranger, ils continueront leur formation et pourront, un jour, renvoyer l’ascenseur. Mais, dans l’immédiat, le Maroc doit former ses jeunes et diversifier les parcours de formation qu’il leur offre», a-t-il expliqué devant un parterre de plus de 300 personnes issues du monde des affaires, de l’université et de la société civile.

A ce propos, il s’inscrit dans le même sens que Mohamed El Kettani, président directeur général du groupe Attijariwafa bank pour qui, la formation des compétences et la Recherche & innovation constituent des enjeux majeurs pour le Maroc et tous les pays africains : «Nous serons, sans doute, amenés à unir nos forces pour relever ces multiples défi s et permettre à cette jeunesse africaine de prendre le train de la révolution numérique. C’est l’une des voies majeures à emprunter pour accélérer le rythme de développement de nos pays, rattraper notre retard technologique, résoudre le problème du chômage des jeunes, et entrer, de plein pied et en toute sérénité, dans l’ère du numérique. C’est une chance historique que nous devons saisir», conclut El Kettani. À travers cette conférence-débat passionnante, la Fondation Attijariwafa bank renouvelle son engagement à promouvoir un débat constructif sur des problématiques économiques, culturelles et sociales qui engagent l’avenir du Maroc.


 Khadim Mbaye

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